Je me suis toujours dit « un jour, je sauterai à l’élastique ». Pour faire quelque chose que tout le monde ne fait pas, pour me dépasser, pour faire le plein de sensations fortes, pour débrancher le cerveau et tout oublier pendant quelques secondes. Et vous savez-quoi, ça a marché !

Un saut de 65 m de haut au-dessus de la Gazeille, depuis le viaduc de la Recoumène

C’est là, dans un écrin de verdure que se dresse le majestueux viaduc de la Recoumène et ses 8 arches de 25 m d’ouverture. Je ne suis pas encore dessus, mais l’ouvrage est déjà vertigineux. Ça promet… Peu à peu, la pression monte. L’envie aussi. Celle de faire quelque chose de fou !

Je viens à peine d’arriver sur place qu’un moniteur Cap liberty vient déjà me chercher. Il est temps temps de fouler le pont. L’échéance se rapproche… Quelques foulées plus tard, j’en atteins le centre. Du haut de la 4e arche on surplombe la Gazeille de 65 m. L’endroit est idéal pour prendre l’air, mais ce n’est pas tout à fait ce que je m’apprête à faire…

Heureusement, c’est un visage connu qui m’accueille sur le viaduc, tout sourire. Celui de Didier Botta, moniteur de l’école de kite Les 2 Vents aux Estables. Un habitué du grand air et des sensations fortes. Génial ! Il tente l’expérience du saut à l’élastique avant moi ! Je vais pouvoir en prendre de la graine. Le voir sauter sans hésitation, caméra à la main, me rassure. Le saut ne dure que quelques secondes. C’est déjà mon tour…

Les chevilles solidement attachées à l’élastique par un professionnel, j’écoute les conseils avisés de Pierrick, le moniteur. « Une fois sur le parapet, tu regardes droit devant toi. Tu vois la colline là-bas à l’horizon ? Et bien en sautant, c’est elle que tu dois viser. » Je n’ai pas vraiment le temps d’en profiter, mais c’est vrai que le paysage est grandiose ! Je regarde droit devant moi, malgré tout, je ne peux m’empêcher de regarder en bas… « Le but n’est pas de se laisser tomber, mais de se propulser vers l’avant, ok ? Comme un saut de l’ange…» Ok, c’est parti !

65 m de haut. C’est comme être sur le toit d’un immeuble de plus de 20 étages. « Ah oui quand même… » La sensation est unique. Le sang ne fait qu’un tour et mon cœur bat si fort qu’il semble vouloir bondir de ma poitrine. Si bien que quelques secondes avant de prendre mon envol, je me demande si je vais vraiment avoir le courage de sauter. C’est complètement fou ! Contre nature même !

Mais entre peur et volonté, ma volonté l’emporte. Je prends mon courage à deux mains, je fais le vide, je fixe la fameuse colline et je débranche le cerveau… Pieds serrés, bras en croix, je saute, droit devant… Je chute. Et je hurle. Mon cri résonne dans toute la vallée. Je garde les yeux ouverts pour profiter du spectacle, mais tout défile à une vitesse folle. C’est à peine si je sais dans quel sens je me trouve. Finalement, je ne vois rien. L’élastique arrive en bout de course, je ralentie et remonte à toute vitesse. Courte seconde de répit… Avant une nouvelle chute libre. Je hurle encore, pendant qu’au fond de la vallée, Didier rit.

J’en ai fait des manèges à sensation, des montagnes russes, des tyroliennes géantes, des chutes libres… Mais là, j’avoue que la sensation est unique. Puissante. L’élastique se calme et je retrouve mes esprits et mes sens. On me descend lentement en direction de la rivière, tête en bas, jusqu’au bras d’un autre moniteur qui me libère de mes liens. « Ça va Gégé ? » Oui ! Mais ça fait du bien de retrouver la terre ferme. Au moment de me redresser, mes jambes flageolent, tremblent sous le coup de l’émotion. J’ai l’impression d’être un faon qui se dresse pour la première fois sur ses 4 pattes, sauf que moi je n’en ai que deux et je ne suis pas sûre qu’elles me puissent me porter tout de suite… Mes premiers pas sont mal assurés, mais heureusement ce n’est qu’un bref mauvais moment à passer.

La fierté prend rapidement le dessus. « Pu…rée… Je l’ai fait ! » De retour sur le viaduc, on me délivre un beau diplôme à encadrer. Une preuve de mon exploit, pour être sûre que l’on me croit. J’ai fait un saut à l’élastique ! Et je n’en reviens toujours pas… Pour terminer l’après-midi, je n’avais plus qu’à tenter le parcours de tyroliennes géantes. 400 m de long pour la plus grand d’entre elles, 50 m de haut et des pointes de vitesse à 70 km/h… Mais je n’étais plus à ça près… En plus, cette fois, j’ai au moins pu profiter du paysage.

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